Gregoire Paboudjian

II en est de la photographie comme des autres arts plastiques, à ceci près que celle-ci est multiple. De la mode à l’industrie en passant par la presse, la photographie de communication déroule son sujet, son verbe, ses adjectifs et ses compléments. Dans cette codification banalisante, elle est totalement intégrée à notre environnement.
Grégoire Paboudjian lui nous convie à toute autre chose, Piéton dans la ville, libre de toutes contraintes, il décline ses motifs à la manière d’un Mondrian face à sa toile.
Tout d’abord l’ombre. La sienne souvent présente, l’interroge sur sa destination et ouvre le champ de l’introspection jusqu’à devenir le sujet principal. Mais quoi de plus virtuel que l’ombre ? Grégoire Paboudjian n’a pas encore résolu le problème et c’est pourquoi il insiste et multiplie les autoportraits.
Autre champ de son domaine visuel : le graph, non pas à la manière d’un Brassai fixant l’évolution de la gravure dans la pierre. Grégoire quant à lui, reste perplexe devant ce nouveau langage qui s’inscrit sur les murs, et qui le sollicite constamment. Il joue avec les objets urbains, les signes et leurs évolutions. Ce qui le préoccupe le plus, c’est l’ordonnance spatiale de ses images, découpant dans la ville des morceaux de réalité qui deviennent autant de constructions rigoureuses et nous entraînent à la réflexion et à l’évasion. Entrer dans une image de Grégoire Paboudjian, c’est entrer dans un monde de matière et d’éléments, c’est passer de l’autre côté du miroir.


Robert Pujade